Olivia VIEUJEAN

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Collaboratrice scientifique, Doctorante en Sciences de la société à l’EHESS
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Présentation des enseignements

Travaux dirigés Anthropologie sociale et culturelle 1 », Licence 1, ULB
Cours magistral « Protection sociale », Master 2, IEDES, Paris 1 Sorbonne
Encadrante de stages de terrain, « Territoires et mobilités », École normale supérieure – EHESS

Présentation des recherches

Titre de la thèse : « Faire quelque chose pour les femmes du quartier » Quand les femmes migrantes participent à la production des politiques sociales locales.
Sous la direction de Florence Weber

Résumé

Cette monographie d'un quartier Politiques de la Ville au centre d'une métropole européenne, menée depuis les structures locales dédiées aux politiques sociales et familiales, montre comment des mères migrantes, arrivées au début des années 2000, "participent", s'approprient le dispositif et dans certains cas élaborent des actions de soutien à la parentalité.

Dans ce quartier d'arrivée qui constitue un milieu d'interconnaissance et de réputation, ces mères occupent une position de respectabilité qui passe par leur exercice de la maternité. Elles ont acquis les compétences sociales qui le rendent possible à travers les conditions administratives de la migration, les filières d'installation dans le logement social, les stratégies sociales et familiales en migration.

Une ethnographie minutieuse restitue l'épaisseur qui se loge derrière deux catégories indigènes, "les familles" et "les femmes", deux pôles normatifs positionnant les mères soit comme "familles" prenant appui sur le travail productif de leur mari, soit comme "femmes" livrées à la décomposition de l'Etat social, et développant des activités d'entraide qui brouillent les frontières du travail domestique et du care dispensé dans l'espace public. Pour "les femmes", la participation constitue une réponse aux injonctions activatrices de l'Etat social décomposé, c'est une opportunité qui fait passer du statut d'assistée à un statut de bénévole, puis, pour les plus entreprenantes, de bénévole à responsable associative.

La thèse explore la figure de "celles qui font quelque chose pour les femmes du quartier" grâce à cinq études de cas de responsables associatives, en observant les interactions qu'elles mettent en place avec celles qui deviennent "leurs usagères" et avec les responsables politiques. En tirant parti du brouillage que la scène du quartier instaure entre solidarités privées, care socialisé, engagement citoyen et ciblage politique, ces mères produisent de l'"activité", qui s'étend du travail gratuit à l'investissement positif d'une appartenance locale, et reconfigurent des solidarités féminines pleines d'ambivalence.

Mots clés : Ethnographie économique, politiques sociales, bénévolat, territoires et mobilités

Recherche collective 

« Territoires et mobilités » (TEMO) 
Cette équipe transdisciplinaire (ethnographie, photographie, géographie) s’intéresse aux mobilités résidentielles des populations précaires en France contemporaines et à leurs conséquences sociales, économiques et environnementales sur des petites villes en décroissance. 
https://www.ined.fr/fr/actualites/rencontres-scientifiques/les-lundis/a-quelle-echelle-etudier-les-mobilites-residentielles-strategies-familiales-politiques-publiques-et-marche-immobilier-en-bordure-du-bassin-parisien/